dimanche 1 mai 2016

Le libre arbitre et l’obligation d’exister

Je crains maintenant qu’il ne vous faille faire un gros effort de compréhension. Car, ce qui suit ne s’adresse qu’à l’honnête femme, l’honnête Nulle…

Nous sommes obligés d’exister. Ce qui signifie que nous existons pour servir, servir nos géniteurs et la société.

Même si nous possédions un libre arbitre nous ne pourrions être tenus pour responsables d’exister et d’exister avec des défauts désignés comme tels par la société, puisque tout nous est imposé, notre corps, notre intellect, nos éducateurs, le milieu dans lequel nous vivons, les règles du jeu de la vie et du jeu social.

D’autant plus que nous naissons vierges de significations culturelles, lesquelles significations seront implantées ensuite par les éducateurs qui ne maitrisent pas l’éducation.

Posséder un libre arbitre, c’est être capable de juger librement sans que personne intervienne dans ce jugement. Mais comment cela pourrait-il être possible puisque nous naissons vierges de significations culturelles ? Ce qui implique que tout ce qui nous permettra de juger de nos actions sur le monde provient de la société qui nous éduque.

D’ailleurs, utiliser cet étrange libre arbitre pour imposer à quelqu’un d’exister est-il très pertinent ?
Exister soi-disant avec libre arbitre pour imposer à autrui d’exister avec libre arbitre ! N’est-ce pas plus que paradoxal ?

Peut-on imposer l’existence du libre arbitre en imposant l’existence, mais aussi dans n’importe quelles conditions de corps, de vie, de milieu, à celui à qui on va l’imposer ? Peut-on imposer le libre arbitre ?

Le libre arbitre est-il utile individuellement ? Est-il utile socialement ? Et surtout prétendre, dans le plus total déni des multiples démonstrations de son impossibilité, qu’il puisse exister, à quoi et à qui cela sert-il ?

Imposer à quelqu’un d’exister est l’action qui doit être réfléchie intensément, minutieusement, méthodiquement, logiquement, rationnellement. Et si le libre arbitre doit intervenir quelque part, c’est bien pour cette action capitale, essentielle.

Sommes-nous sexués librement ? Utilise-t-on le libre arbitre pour copuler ? Et le résultat de cette copulation demande-t-il le libre arbitre ? Comment le libre arbitre pourrait-il s’installer dans le système de division cellulaire qui nous produit nous et les autres espèces animales de la même façon ?

Si un (pseudo) dieu créateur (ou ma propre mère) m’impose un libre arbitre en ai-je un parce qu’il le décide alors que je n’ai pas demandé à jouer son jeu de la Vie avec ses conditions ? Pourquoi devrais-je être puni de ne pas vouloir accepter ses règles alors que je suis dans l’obligation d’exister dans ce jeu de la Vie, ce jeu social imposé ?

Non seulement l’existence est imposée, mais toutes les conditions de l’existence. Or ces conditions ne sont absolument pas maitrisées par celui qui utilise soi-disant son propre libre arbitre pour imposer cette vie non maitrisée à une autre personne que lui-même, car l’enfant est autrui.

L’enfant est aussi dès son existence l’associé d’un grand nombre d’autres individus. C’est le fondement d’une société que d’être constitué d’associés, théoriquement à parts égales !

Comment pourrions-nous posséder un libre arbitre si celui qui nous « gratifie » d’un libre arbitre viole les conditions de cet octroi en nous imposant la Vie qui contiendrait ce soi-disant libre arbitre ?

Pourquoi un éléphant n’aurait-il pas besoin de libre arbitre pour faire ses choix ? Pourquoi un enfant de douze ans pas plus intelligent qu’une matriarche éléphante en aurait-il un ?

Comment un robot capable de faire les mêmes types de choix que moi n’aurait-il pas de libre arbitre ? Si un robot possède un libre arbitre suis-je une machine ?

Le comportement des êtres humains est-il différent dans la propagation de la Vie de celui des autres animaux ? Pourquoi aurions-nous un libre arbitre et pas eux ? Pourquoi la conscience de soi de l’éléphant, du dauphin, du chien, etc., ne leur confèrerait-elle pas de libre arbitre si nous en possédons un ?

À quoi servirait le libre arbitre dans nos choix ? En quoi le choix entre deux actions demanderait-il ce quelque chose de particulier que serait le libre arbitre ? Comment un enfant de moins de cinq ans, ou un animal, qui choisit une action parmi plusieurs n’aurait-il pas besoin de libre arbitre au contraire d’un adulte ?

Pourquoi l’éducation confèrerait-elle la responsabilité, donc le libre arbitre, puisque la loi punit après un certain âge ?

Einstein et son QI de 160 a-t-il plus de libre arbitre qu’un débile accusé d’un petit crime, alors que lui-même a participé à « la bombe » et fabriqué trois enfants dont deux gravement handicapés ?

L’univers sans dieux peut-il mécaniquement produire un libre arbitre ? Puis-je contrevenir aux lois de l’univers ? Puis-je activer moi-même mes neurones ? Ai-je accès consciemment, intimement, précisément à ce qui se passe sous ma peau ?

Si les scientifiques ne me l’avaient pas dit, comment saurais-je que j’ai un cerveau ? Je ne sens pas plus mon cerveau que je ne sens mon foie. Comment fonctionnent ma pensée, ma conscience, mon libre arbitre ? Je ne le sais pas. Comment puis-je être libre d’utiliser ce dont j’ignore le fonctionnement, et où ça se situe ?

Suis-je libre d’utiliser la conscience qu’on m’a imposée ? Imposer la vie c’est imposer la liberté qui va avec. Comment en imposant la liberté peut-elle être effectivement de la liberté ?

Plutôt que de tenter d’analyser un libre arbitre éventuel, il vaut mieux chercher à savoir quels sont les types de libertés que nous pouvons éventuellement posséder.

Trois types de liberté sont envisageables :
La liberté sociale est le fait que nos actions sont limitées par celles des autres.
La liberté motrice, notre autonomie, est le fait que nos actions sont limitées par nos capacités motrices dans notre environnement.
Le troisième type, la liberté mentale est impossible, car aucune action ne permet de l’envisager, il n’y a pas de possibilité pour que la pensée active la pensée, puisque la pensée est le produit des activités matérielles internes massivement parallèles de myriades de particules regroupées en atomes, associés en molécules, puis en cellules toutes vivantes simultanément et hors conscience.

La pensée est un processus résultant.

L’impossibilité du libre arbitre commence par l’obligation d’exister avec notre corps, ses faiblesses, ses impossibilités, et nos facultés mentales limitées, toutes de valeurs différentes selon les individus et toutes soumises à l’éducation.

Nous possédons un corps et un intellect fournis par une genèse automatique. Nous n’avons pas accès précisément, intimement, et consciemment à ce qui se passe sous notre peau.

Si je vous place en A et que je vous dis d’aller en B, est-ce que vous vous sentirez libre, sachant que vous pourrez faire presque ce que vous voulez pour atteindre B, mais que vous ne pourrez rien faire d’autre que d’obtempérer ? (A étant la naissance obligatoire, et B la mort obligatoire.)

Tout ce qui est dans la pensée est mémoire puisque tout se répète quotidiennement. Les connaissances sont mémoires, ainsi que les fonctions mentales. Les sensations et la conscience sont elles-mêmes répétées donc mémoire. Tout ce qui est mémoire est matière, et plus précisément une organisation de la matière.

Le libre arbitre est impossible :
– Ce n’est pas moi qui active mes neurones.
– Je suis la résultante de la trajectoire de toutes les particules qui me composent.
– L’univers ne peut faire de mécanismes allant à l'encontre de ses propres mécanismes.

Le cerveau est une boite noire : les idées sont construites dans mon cerveau sans que je sache comment, et ma volonté est elle-même construite dans mon cerveau sans que j’en sache plus.

Le « Je » qui dit : « j’ai de la volonté » est également une construction du cerveau sans que « je » soit pour quoi que ce soit dans cette construction.

Mon cerveau est matière et il fonctionne physicochimiquement. Tous les types de choix que nous humains pouvons faire (il n’y en a qu’un seul et c’est le choix pondéré), je suis capable de les programmer dans mon ordinateur, car je suis informaticien, est-ce que ça fait de l’ordinateur autre chose qu’une machine, un homme libre ?

Comment ma pensée ou ma volonté peuvent-elles être libres puisque mes éducateurs ont écrit dans ma pensée ce qu’ils voulaient ou tentaient ?

Je pense en français et un Chinois pense en chinois.

Mes yeux sont des caméras, mes oreilles des micros. Ce qui se passe dans mon cerveau m’est inaccessible. Si on ne me l’avait pas dit, je n’aurais jamais su que j’avais des neurones. Comment puis-je contrôler ce que j’ignore ?

Aujourd’hui, vieil adulte, je me place devant une vidéo et mon cerveau enregistre des phrases que je ne connaissais pas à l’avance (et tant mieux pour ma curiosité). Ces phrases s’installent en moi sans que j’y sois pour quelque chose, je parle d’installation précise et consciente.

J’ai simplement placé mes micros que sont mes oreilles devant les hautparleurs de mon ordinateur, et l’installation dans ma mentalité et sa transformation en quelque chose de plus ou moins compréhensible est automatique.

Si je pose la question « 2 fois 2 », vous comprendrez et pourrez répondre « 4 ». Vous le ferez parce que j’ai réveillé dans votre cerveau cette question enfantine qu’un autre a installée, mais vous ne saurez rien de la manière dont elle ressort, et où elle se trouve.
Même chose pour la réponse « 4 », vous ne savez pas où se trouve cette réponse dans la masse neuronale ni comment elle est structurée, ni comment produire cette réponse. Celle-ci est automatique.

Toutes nos idées surgissent à ce que nous appelons « la conscience » selon le même principe, nous ne savons rien de leur fabrication. Mais nous n’en savons pas plus sur la conscience elle-même, qui est un mécanisme automatique de même nature.

Quand nous disons « Je » ce « Je » est fabriqué de la même façon tout aussi mystérieuse, et nous ne savons pas ce qu’il représente, car il est parfois le corps tout entier, parfois une part du cerveau, l'égo, le moi, ou autre chose, selon notre humeur.

Non, je n’ai pas de libre arbitre, c’est peut-être désolant pour ceux qui se pensent intelligents, mais je sais que c’est impossible et je préfère le savoir.

Une personne sans libre arbitre ne s’éduque pas comme une personne qui en possèderait un. De la même façon, une personne créée divinement serait totalement différente d'une personne résultat du simple fonctionnement d’un univers mécanique.

Si le libre arbitre existait, personne ne s’inquièterait de l’éducation des enfants, or, même les croyants, qui croient fermement au libre arbitre, tiennent à ce que leurs enfants soient éduqués sans qu’on leur parle d’évolution ou qu’on fasse de la propagande athée, ou simplement rationaliste.

Même les croyants éduquent leurs enfants à leur morale religieuse. L’éducation morale est pourtant parfaitement antinomique du libre arbitre.

Est-ce que quelque part dans le monde des législateurs, des juges, ont demandé à la science officielle de faire la démonstration rationnelle de l’existence du libre arbitre ?

S’il fallait une seule preuve de son inexistence, celle-là suffirait.

Cette démonstration est impossible à établir et, comme la société n’est pas prête à s’enfermer elle-même pour stupidité congénitale et complicité de crimes de mise au monde sans intention d’assurer le bienêtre de ses propres associés, alors ils préfèrent perpétuer la bêtise ancestrale.

Nous naissons… Si nous avons zéro connaissance, nous ne pouvons pas choisir ni raisonner. Si nous avons une connaissance, nous n’avons aucun choix possible non plus, et toujours pas raisonner. Si nous avons deux connaissances, nous ne pouvons choisir qu’entre ces deux, mais pas raisonner.

Si nous avons N connaissances nous ne pouvons choisir qu’entre ces N, et nous pouvons peut-être commencer à raisonner, mais faussement. Il nous manquera toujours des connaissances pour raisonner vrai. Et nous mourons…

Mais avec quoi raisonnons-nous ? Maitrisons-nous ce système qui permet de raisonner, et qu’on nous a imposé ?

« La vie ne sert qu’à ceux qui existent déjà », créer une existence sensible et consciente, c’est créer la maltraitance, la douleur, la misère, la mort (pour le reste, c’est normal). Comment un créateur, une créatrice, une mère, peut-elle prendre ces risques sur le dos d’une personne, son enfant ?

Tous les humains, ou presque, sont croyants. Sans croyance pour bloquer l’intelligence, pas de vie. Mesdames, n’avez-vous jamais songé au contrat natal ou bien à assurer votre enfant avant de le concevoir ? Non, car vous êtes croyantes, il a fallu le hasard pour que j’y pense, et pour que vous le lisiez ici.

Le libre arbitre est nécessairement identique chez tous les individus qui sont censés en posséder un, et pour cela il faudrait que chacun ait les mêmes informations et mêmes connaissances pour prendre une décision libre et juste, car la liberté est celle de faire le bon choix pour soi-même qui ne peut être différente pour chacun dans les mêmes conditions.

Le libre arbitre, la fonction libre arbitre si elle devait exister, est associé aux connaissances. Les connaissances font partie du libre arbitre. Ce qui implique qu’il n’y a pas de libre arbitre puisque les connaissances s’acquièrent et ne sont jamais les mêmes entre individus.

Le libre arbitre n’a pas d’âge, sinon ce n’est pas du libre arbitre. Le libre arbitre ne peut être basé sur un apprentissage quelconque. Le libre arbitre doit être inné et se suffire à lui-même.

Le libre arbitre n’est pas librement consenti, ce n’est pas une fonction mentale librement acceptée par celui qui la possède, d’où l’aporie de son existence.

Le libre arbitre n’a aucune utilité pour la vie pratique. Un robot peut traiter les connaissances de la même façon qu’un humain.

Le libre arbitre n’a que l’« utilité » sociale de pouvoir punir et se débarrasser des personnes encombrantes, et les stocker dans des endroits restreints pour un cout minimal, alors que ces personnes ont été créées, acceptées, et éduquées par la société dans des lieux choisis par la société, et tout ça, de façon non maitrisée.

La pensée, le cerveau, est un cahier dans lequel tout le monde peut écrire, il suffit d’être à proximité du « propriétaire ».

Vous prétendez être capable de contrôler votre esprit par un supposé libre arbitre, alors que vous êtes déjà incapable de contrôler finement votre corps, vous n’êtes peut-être même pas ambidextre, vous n’êtes pas jongleur, vous avez du mal à coordonner votre corps, celui que vous avez sous les yeux.

Et vous voulez faire croire que vous contrôlez l’énorme parallélisme du fonctionnement simultané de vos neurones qui sont tous vivants (tant qu’ils ne sont pas morts) pour produire linéairement des pensées, des phrases.

Vous ne savez même pas consciemment, intimement, comment fonctionne votre locomotion, c’est quelque chose que vous avez acquis dans l’enfance et qui est un parfait automatisme, incontrôlé finement et consciemment.

Et il en est de même pour la production des mots, aussi bien la phonation que l’écriture, qui sont des mécanismes acquis dans l’enfance difficilement.

Se peut-il que le libre arbitre soit une invention ? Si elle en est une, à quoi sert-elle ? Pour quelles raisons, s’il y en a plusieurs, l’idée du libre arbitre a-t-elle été imaginée par les humains ? Le besoin de responsabiliser la personne que l’on éduque dans sa propre éducation. Le besoin de se débarrasser d’une personne qui dérange.

La société cache son incapacité à éduquer l’enfant, cache son incompétence, sa méconnaissance de l’être humain, son principe dictatorial, en proclamant que la personne mal éduquée par les éducateurs sociaux, donc elle-même, et contrainte d’exister par elle-même également possède un libre arbitre. C’est pratique… C’est surtout idiot !

Nous ne sommes pas programmables de façon stricte comme un ordinateur. Notre éducation est notre programmation. Personne ne sait éduquer parfaitement un enfant.

Mais ce n’est pas en nous leurrant sur notre fonctionnement que nous pouvons améliorer cette éducation. Il faut admettre ce que nous sommes, nos mécanismes. Nous n’avons pas de libre arbitre, nous ne sommes pas issus d’une création divine, mais des mécanismes de l’univers. Nous fonctionnons. Nous devons connaitre précisément ce fonctionnement.

Ce n’est pas la croyance qui décide de notre fonctionnement, ce sont les faits, et ces faits doivent être décrits rationnellement, et ce n’est certainement pas un croyant qui peut les décrire en utilisant la raison. Ainsi en va-t-il du libre arbitre.

Le fonctionnement de notre pensée est un fait qui doit être décrit par la raison et non par la croyance. L’univers n’est pas un conte de fées.

La question, que se posent certains, est celle-ci : puisque le libre arbitre n’existe pas, pourquoi se préoccuper du monde puisque sans libre arbitre rien ne peut changer ?

Ma réponse : si vous laissez un virus dans votre ordinateur, il fonctionnera de travers. Mais alors, pourquoi l’enlever puisque sans libre arbitre rien ne peut changer et que l’ordinateur n’a pas de libre arbitre ? Pourtant vous le faites…

Cela fait des milliers d’années que les humains croyants, la majorité des cent milliards qui ont existé, ont eu le cerveau parasité par un virus mental.

Il est toujours temps de supprimer ce virus de la tête des enfants qui sont éduqués quotidiennement, et de tenter de le supprimer dans la tête des adultes qui pourraient éventuellement accepter cette opération mentale, probablement douloureuse pour un croyant.

Nous-mêmes nous sommes des systèmes continus en constante modification. Les textes que nous lisons et les évènements qui surviennent dans nos vies nous changent. Ces phrases que vous lisez vous changent simplement parce que les mots sont connectés différemment dans votre cerveau alors que vous connaissez tous les mots individuellement.

Nous ne sommes pas des entités inamovibles, nous n’avons pas une âme injectée par un dieu dans un corps qui incarnerait cette âme.

Pourquoi reconnaitre notre vrai fonctionnement ? Quel impact l’erreur, le mensonge, le déni ont-ils sur l’individu et la société ?

La pensée est une sorte d’affichage des sensations, comme l’affichage sur l’écran de l’ordinateur. Est-ce que l’affichage peut agir sur le logiciel ? Bien sûr que non, la pensée n’agit pas sur la matière qui produit la pensée. Le libre arbitre est impossible.

Le libre arbitre n’existe pas, vous en avez lu plusieurs démonstrations et l’avez probablement compris si vous l’avez désiré (désir mécanique), et c’est parce qu’il n’existe pas que nous ne maitrisons pas grand-chose de la vie sociale puisque nous ne contrôlons même pas notre fonctionnement individuel de façon intime, précise, et consciente.

Quant aux sociétés je suppose que vous avez tous remarqué que l’humanité est en guerre perpétuelle depuis que les tribus existent. Maintenant que nous savons que la Terre est ronde, finie, et surpeuplée, quel intérêt de poursuivre dans le même sens et guerroyer pour rien ? Sommes-nous encore des animaux de base ? Notre petit plus intellectuel ne sert-il donc à rien ?

Ce n’est ni le désir religieux d’inventer la culpabilité des personnes, qui n’ont pas demandé à exister, (la raison de cette invention est évidente), ni le besoin social de faire au plus simple pour enfermer les gens, qui n’ont toujours pas demandé à exister, dans des cellules-chiottes, qui fait que le libre arbitre existe.

Le libre arbitre s’il existait demanderait une démonstration scientifique. Rien de plus simple ! Que la société, le législateur, la justice, et les avocats, demandent que cette démonstration soit faite. En attendant, le libre arbitre n’existe pas, et le doute profite aux accusés, messieurs les avocats, messieurs les accusés, profitez-en !

Si « on » vous prête des capacités extraordinaires d’intelligence, de force, de beauté, demandez-vous pourquoi et à quelle sauce « on » veut vous manger ?

Le libre arbitre est une de ces capacités fabuleuses qu’« on » prête à nos cerveaux pour se servir de nous. Maman, Papa, et la Société sont les seuls profiteurs de cette flagornerie.

Vous en ferez autant quand vous deviendrez un des leurs. Mais ça n’arrange pas le monde de fausser la Vérité, voyez où nous en sommes dans cette gabegie planétaire !

Tout est toujours question d’éducation, mais fait-on la bonne éducation sur le bon modèle d’humain? Suivant que nous sommes le résultat d’une création ou du seul fonctionnement de l’univers (que j’appelle universolisme), nous ne pouvons pas être la même entité dite intelligente.

Un créateur nous aurait désirés à son image avec des fonctionnalités et un libre arbitre ! Alors que l’univers n’a eu aucune intention et nous sommes le résultat de mécanismes. Deux êtres créés différemment ne peuvent être semblables, l’éducation ne peut être la même, ni la justice, ni le gouvernement.

Or nous sommes éduqués, justiciables et gouvernés selon le principe créationniste, et c’est pour ça que nous sommes dans un grand foutoir universel. Le monde humain est comme l’univers, sans libre arbitre, il fonctionne, et fonctionnerait bien mieux avec dix-mille (10 000) êtres intelligents plutôt que dix-milliards de bêtes hurlantes.

Un gouvernant du monde doit savoir comment fonctionnent aussi exactement que possible les personnes qu’il gouverne. Il en va de même pour les législateurs, les juges, et surtout les éducateurs, car les éducateurs éduquent les futurs gouvernants, les futurs législateurs, les futurs juges, et surtout les futurs éducateurs eux-mêmes.

Si l’éducation est faussée, tout s’enchaine. Sept-milliards d’humains sont sur notre route, ils font partie de la description du chemin que nous parcourons. Sept-milliards de descriptions erronées alors que nous passons notre vie entre humains, ça ne peut pas fonctionner correctement.

Si la cause de cette description erronée est intentionnelle, malhonnête, alors que l’on me demande d’être honnête moi-même comment cette société composée d’humains éduqués malhonnêtement et faussement peut-elle fonctionner correctement ?

Refuser d’admettre que le libre arbitre est impossible est stupide, il s’agit de notre fonctionnement intime, cela a abouti à notre monde absurde, pourri, guerrier, boueux, bourbeux, insane, composé d’idiots et de négriers qui se mettent la tête dans le sable pour rien, car la vie n’a aucun sens.

Nous sommes contraints d’exister, contraints à l’éducation, contraints d’acheter nos corps, contraints de souffrir (tous), et contraints de mourir (tous) sans exception, alors que nous avons inventé les Droits, la morale, et l’éthique.

Vous punissez votre propre enfant parce que vous ne savez pas l’éduquer. Beurk ! Vous punissez vos associés contraints d’exister pour votre service parce que vos éducateurs sont incompétents. Beurk !

Si vous avez un libre arbitre, pourquoi êtes-vous timide, inquiet, fébrile, nerveux, angoissé, phobique, malheureux, triste ? Pourquoi avez-vous des émotions (donc incontrôlées) ? Pourquoi êtes-vous ce que vous n’avez pas envie d’être ? Etc.

Pensez-vous que des personnes qui ont des QI de 60, de 80, de 100, de 120, ou de 160 ont le même libre arbitre, des volontés identiques, et des capacités de choix identiques, mais alors qu’est-ce qui les différencie ?

J’ai effacé mon libre arbitre par inadvertance, pouvez-vous me donner l’algorithme du libre arbitre, et la méthode pour le réimplanter dans mon système nerveux, s’il vous plait ? Comment ça, non ! Vous prétendez que je ne suis pas libre de l’effacer !

La pensée fonctionne comme la faim et la soif, ce n’est pas nous qui décidons d’avoir faim et soif, ni de penser.

À qui faut-il ne pas révéler que le libre arbitre n’existe pas ? Aux idiots, aux enfants, aux ouvriers, à ceux qui sont religieux ou pas ? Qui décide de ce que les autres doivent savoir ou pas, quels vérités ou mensonges ils doivent connaitre ?

L’invention du libre arbitre ne peut pas être liée à la morale puisque nous sommes contraints d’exister, ce qui serait au minimum amoral pour un animal, et totalement immoral pour un être intelligent, sensible et conscient de ce qu’il fait.

Les dieux servent à se débarrasser de l’idée de responsabilité que les parents, les femmes, essentiellement, ont d’avoir mis leur enfant au monde. La création serait divine, la reproduction humaine serait voulue, désirée, par la déité ! Donc l’enfant, handicapé ou non, ne peut se plaindre auprès de ses parents d’être dans la merde terrestre, puisque la déité l’a voulu ainsi !

Et pour se débarrasser de l’idée de responsabilité vis-à-vis de la société, c’est la notion de libre arbitre qui les déculpabilise. Si les parents éduquent de travers leur enfant, alors avec son libre arbitre, l’enfant, handicapé ou non, devient responsable devant sa déité et devant les hommes. Bon débarras !

En conclusion : Avant d’en vouloir à qui que ce soit, il faut connaitre le fonctionnement de l’être humain, et de la pensée précisément. Il faut donc savoir que le libre arbitre est impossible. L’univers ne pouvant faire de mécanisme allant à l’encontre de ses propres mécanismes.

Nous ne pouvons donc en vouloir strictement à personne, mais nous pouvons faire semblant d’en vouloir, nous pouvons ironiser. Dès que nous avons compris le mécanisme dans lequel nous sommes embarqués, système totalement absurde, engendrant misère, souffrance et mort, et tout ça pour rien, alors nous ne pouvons qu’essayer d’enrayer le processus.

L’ironie a toujours servi. Nous pouvons donc dire que nous en voulons à nos parents, les engueuler, leur demander des comptes, et ensuite leur expliquer qu’ils sont des mécanismes débiles engendrés par l’univers, et qu’ils auraient mieux fait de s’abstenir s’ils l’avaient pu. Ensuite nous leur demandons de participer au débriefing des humains…

Définition Larousse du Libre arbitre : « faculté qu’a la volonté de se déterminer ».

Bien évidemment, la volonté ne peut pas se déterminer sans exister au préalable (et librement), ce qui rend absurde cette définition.

Et la volonté ne suffirait pas à expliquer le libre arbitre de personnes d’âges différents donc de connaissances et de cultures différentes.

La volonté réalise quelque chose, et ce quelque chose est important, puisque ce quelque chose s’apprend. Si vous ne savez rien, sur quoi s’exerce votre volonté ? Êtes-vous libre des informations que l’on vous impose d’apprendre, et des fonctions mentales servant à traiter ces connaissances qu’on vous impose de posséder par obligation d’exister ?

Si vous défendez l’existence du libre arbitre, malgré ce que vous venez de lire ou d’entendre, envers et contre tout, est-ce pour défendre notre monde humain, la beauté de ses guerres, de ses maladies, de ses millions voire milliards de handicapés, de la pollution qu’elle engendre, de ses misères perpétuelles ?

Comment pourrait-il naitre pire que ce pire-là si la vérité était acceptée par tous ?

S’il n’y avait qu’une seule question, que toutes celles, qui désirent fabriquer une nouvelle existence, devaient se poser, elle devrait être celle-ci :
« Maintenant que j’ai fabriqué un être souffrant, comment défaire la souffrance ? »

Faim
E. Berlherm (Nov. 2015)

(Pour ceux qui préfèrerait écouter ma douce voix ou parce que Maman/Papa volontairement et Dame Nature involontairement leur ont imposé une vue déficiente vous pouvez écouter ce texte sur YouTube, ici  https://youtu.be/4nUYWEDA1xk)


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